• Exclusif : Me Christophe Callat, notaire à Elbeuf, mis en examen (Paris-Normandie - 03/08/2014)

    L’étau se resserre autour de Me Christophe Callat. Placé en garde à vue le 24 juin par le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen - lire nos éditions précédentes -, le notaire d’Elbeuf vient de nouveau d’être entendu par les enquêteurs de la division financière. À l’issue de son interrogatoire, l’officier ministériel a été déféré au palais de justice de Rouen pour être présenté à un juge d’instruction.

    L’ancien clerc de notaire a été mis en examen pour « travail dissimulé », « recel de biens provenant des délits d’usage de chèques falsifiés, d’escroquerie et d’abus de confiance ». « Il a également été placé sous contrôle judiciaire, confirme Jean-Claude Belot, procureur adjoint de la République à Rouen. Il est lui notamment interdit de quitter le territoire et d’entrer en contact avec ses associés, ainsi que le personnel de l’étude ». Selon nos informations, Me Christophe Callat a aussi dû s’acquitter d’une caution de 30 000 €.

    ACCUSÉ
    PAR SON ANCIENNE COMPTABLE

    Les ennuis judiciaires pour l’homme de loi âgé de 46 ans ont commencé en fin d’année 2013, lorsqu’une ancienne comptable de l’étude a été placée en garde à vue par la Police judiciaire dans le cadre d’investigations sur d’éventuelles malversations. Marie-Joëlle Léguillon est soupçonnée d’avoir détourné près d’1,3 million d’euros depuis le début des années 90 en truquant la comptabilité. Comme nous le révélions dans nos éditions du 25 juin, l’ex-employée, salariée depuis 35 ans dans cette étude, serait passée aux aveux devant les policiers. Mais elle ne serait pas la seule à avoir trempé son doigt dans le pot de confiture. Durant ses auditions, Marie-Joëlle Léguillon aurait accusé l’un des trois notaires associés de l’étude de la contraindre à lui verser régulièrement de l’argent. « Elle explique qu’un jour, Me Callat l’aurait aperçu en train de falsifier la comptabilité. Il aurait dit qu’il lui laissait faire ses « petites affaires » si, en échange, elle lui donnait de l’espèce », indique une source judiciaire. Contre son silence, le père de famille aurait ainsi perçu, d’après la quinquagénaire, quelque 1 600 € en liquide - presque - chaque mois. Pendant des années. Au total, la somme pourrait avoisiner les 300 000 €.

    Cette version est formellement contestée par le notaire. Quelques jours après son premier placement en garde à vue, l’officier ministériel avait déclaré à notre journal n’avoir rien à se reprocher : « C’est terrible quand vous êtes innocent et que vous êtes accusé, vous vous demandez ce qui vous arrive. Je vais me battre. Dans cette affaire, je n’ai rien à me reprocher, je peux marcher la tête haute. Je n’aurais pas risqué ma réputation et ma place de notaire pour cela. » Me Christophe Callat affirme même qu’il est « tombé des nues » lorsqu’il a appris que son ancienne collaboratrice était mise en cause, suite au contrôle du conseil régional des notaires de Haute-Normandie. Les associés de la Société civile professionnelle (SCP) ont d’ailleurs porté plainte contre elle, après l’avoir licenciée.

    DES « INDICES GRAVES ET CONCORDANTS » DANS LE DOSSIER

    Mais dans cette partie de poker-menteur, le juge d’instruction semble aussi, au regard des premiers éléments de l’information judiciaire, s’interroger sérieusement sur les agissements du juriste. En ordonnant sa mise en examen, le magistrat estime qu’il existe à ce stade des investigations des « indices graves et concordants » à l’encontre du notaire. Comment cet homme de loi, qui affiche un gros train de vie et bénéficie d’une rémunération très généreuse, a-t-il pu ainsi basculer si les faits sont avérés ? Appât du gain ? Double vie ? Dettes ? Autant d’interrogations qui demeurent aujourd’hui en suspens. Tout comme son éventuelle culpabilité.

    Contacté sur son portable, Me Frédéric Caulier, l’avocat de Me Christophe Callat, n’a pas souhaité faire de commentaires sur la mise en examen de son client. Quant aux deux associés de l’officier ministériel et l’ancienne comptable, ils n’ont pas donné suite à nos appels téléphoniques.

     

    BAPTISTE LAUREAU

    http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/1177789/actualites+faits-divers/le-notaire-mis-en-examen


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